Santé, logement, alimentation : l'aide alimentaire au coeur d'une précarité grandissante

Lors du Salon de l’Agriculture, lundi 24 février 2025, les Banques Alimentaires présentent les résultats de leur nouvelle étude “Profils”. Cette étude, menée tous les deux ans, détaille l’évolution des profils et des besoins des personnes accueillies dans les associations et Centre Communaux d’Action Sociale (CCAS) partenaires du réseau des Banques Alimentaires.

 

L’enquête confirme  l’impact de la crise inflationniste sur le long terme avec de nouveaux profils, de plus en plus hétérogènes. La précarisation se diffuse dans la société, y compris pour une partie des classes moyennes et dans les territoires ruraux, accompagnée d’un isolement croissant.

 

L’impact de la crise inflationniste se poursuit, les territoires ultramarins et ruraux particulièrement touchés 

Un tiers des répondants subissent la hausse des prix, la première cause du recours à l’aide alimentaire. Cette tendance est d’autant plus importante dans les territoires d’Outre-mer où les prix alimentaires sont plus élevés, venant aggraver des difficultés socio-économiques déjà prégnantes. Les territoires ruraux sont aussi particulièrement concernés, ce qui se traduit par une augmentation du nombre de personnes accueillies dans ces territoires. Ces personnes cumulent les difficultés dûes à leur éloignement géographique (difficultés d'accès à l’emploi et aux soins). 

« Cela fait deux semaines qu’il nous reste 20€, et on ne fait pas de courses car il faut tenir jusqu’à la fin de la semaine. La voiture nous a lâchés. Mon mari avait une formation, ce n’est pas loin, mais on a dû investir dans une trottinette électrique car ça coûte moins cher que de réparer la voiture. »

Une femme en couple de 31 ans avec des enfants accueillie à l’aide alimentaire

Des profils de plus en plus hétérogènes concernés par la précarité 

Les personnes seules représentent la moitié des personnes accueillies, en augmentation depuis 2022. Les familles sont nombreuses : un foyer sur deux a au moins un enfant à charge. Un autre profil type de personne accueillie se confirme depuis 2022 : les “travailleurs pauvres” sont de plus en plus nombreux, y compris ceux ayant un emploi à temps plein, ainsi que les propriétaires (+ 5 points depuis 2022). Cette diversification des profils résulte d’un budget de plus en plus contraint par le poids du logement et de la facture énergétique, l’alimentation constituant la variable d’ajustement. 

« Je suis auto-entrepreneuse, mais je ne peux pas travailler à temps plein à cause des enfants et, avec toutes les dépenses que j’ai, c’est compliqué de faire les courses à la fin du mois. »

Une femme seule de 38 ans avec enfants accueillie à l’aide alimentaire 

Une aggravation de l’état de santé des personnes accueillies

Plus de trois quarts des personnes interrogées déclarent au moins un problème de santé et plus de la moitié d’entre elles ont déjà renoncé à des soins pour des raisons financières. La santé mentale des personnes accueillies est particulièrement impactée : une personne sur quatre souffre d’un mal-être psychologique, les plus jeunes étant plus particulièrement impactés. 

« Ce n’est pas facile de trouver des dentistes qui prennent des nouveaux patients, ça fait 3 ans qu’on est ici. J’en avais un avant, mais il est trop loin et ça me coûterait trop cher de prendre la voiture pour aller le voir.” 

Une femme en couple de 23 ans avec des enfants accueillie à l’aide alimentaire

L’aide alimentaire un recours essentiel, au delà de l’alimentation

Grâce aux aliments proposés, les trois quarts des personnes déclarent avoir une alimentation plus équilibrée. L’aide alimentaire est également un moyen essentiel pour les personnes afin de lutter contre l’isolement : faire des rencontres est la première motivation pour participer aux activités des associations. Les conseils et l’accompagnement proposés représentent un réel soutien pour faire face aux difficultés du quotidien : démarches administratives, problèmes financiers, problèmes de logement.

« C’est bien fait, on a de la chance, il y a beaucoup de frais, des légumes, des fruits, de la viande. On est gâtés. Tout est varié et fourni. Je n’ai jamais autant mangé de légumes frais, ça nous force à cuisiner, c’est très bien ! »

Une femme seule de 50 ans avec un enfant accueillie à l’aide alimentaire 

« La façon dont on s’adresse à nous, une personne normale qui ne vient pas quémander quelque chose. On comprend que ça peut arriver à tout le monde. L’accueil est plein d’empathie et de compassion. Ils me demandent comment je vais, prennent de mes nouvelles. Ici, je crois qu’on est très privilégiés. (...) Ici, pas de mépris, rien. »

Une femme seule de 50 ans avec un enfant accueillie à l’aide alimentaire

 

Consulter les résultats de l'étude

 

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