Femmes, engagées et Présidentes de Banques Alimentaires

08.03.2018
Femmes, engagées et Présidentes de Banques Alimentaires
En ce 8 mars, pour la Journée Internationale des Droits des Femmes, nous avons souhaité mettre en avant des femmes, engagées et Présidentes de Banques Alimentaires. Le choix fut difficile : parmi les 12 femmes Présidentes, nous vous en présentons 3.

Monique Fantin : des impôts à l’aide alimentaire

C’est après une carrière passée intégralement dans les finances publiques où, de son propre aveu, elle a bénéficié de l’ascenseur social, que Monique Fantin a choisi de mettre sa disponibilité et son sens du relationnel au service de la Banque Alimentaire du Loiret dont elle est Présidente depuis fin 2011. « C’est important pour moi de travailler en confiance avec les élus locaux, les partenaires associatifs  mais surtout d’être entourée par des bénévoles et salariés compétents, animés du souci de rendre un service de qualité »,explique-t- elle.

Soucieuse de l’image de professionnalisme de la Banque Alimentaire, Monique Fantin partage son temps entre gestion et management, avec la volonté constante de répartir les rôles et les compétences. « Pour bien gérer le quotidien, il faut savoir mettre la barre au bon niveau, être exigeante mais compréhensive, et surtout savoir à la fois déléguer et décider ». C’est donc en s’appuyant sur les complémentarités de son équipe de bénévoles et de permanents que la Banque Alimentaire du Loiret fait la démonstration de son efficacité jour après jour.

« Des actions bien ciblées, ainsi que la constitution d’un réseau de donateurs et de mécènes nous ont permis de renforcer les financements pour améliorer la sécurité au travail et l’ergonomie des postes, et ainsi soulager au mieux les équipes ». Une efficacité reconnue au niveau local et un engagement solidaire que la Présidente peut désormais porter au CESER (Conseil Economique, Social et Environnemental Régional) qu’elle a rejoint début 2018 en tant que représentante des associations caritatives locales.

 

Brigitte Kraft : l’humanitaire sans frontière

Infirmière de formation, Brigitte Kraft a toujours su depuis toute petite qu’elle voulait venir en aide aux plus démunis. Si des soucis de santé l’ont empêchée de mener la carrière qu’elle souhaitait, c’est vers le bénévolat qu’elle s’est tournée, avec des missions humanitaires menées aux 4 coins du globe – des Philippines à Calcutta, d’Afrique en Colombie en passant par Sangate.

Arrivée en novembre 2008 à la Banque Alimentaire du Var en tant que secrétaire, elle en est devenue Présidente dès mars 2009. « C’est un poste où il faut savoir ce que l’on veut faire, si c’est pour avoir un titre sur une carte de visite, ça ne sert à rien ». Avec une équipe de 95 bénévoles et de 10 salariés à gérer, allant de l’ancien SDF au militaire à la retraite, Brigitte Kraft gère le quotidien, les personnalités et les talents de chacun pour une organisation optimale. « Pour que ça marche, il faut donner le bon poste à la bonne personne, et savoir garder intacte la motivation des bénévoles ».

Et ça marche. Avec des volumes collectés multipliés par 2 en 9 ans, et des locaux dont la superficie a été multipliée par 3,5, la Présidente aborde la fin de son 3ème et dernier mandat avec le sentiment du devoir accompli… « et la hâte d’être débarrassée des contraintes administratives ». Et si l’envie de repartir à l’étranger se fait déjà sentir, Brigitte Kraft gardera de ces années le souvenir de belles rencontres,  dans le Var mais aussi au sein des autres Banques Alimentaires de toute la France.

 

Mireille Bréchet :  un médecin au service des plus fragilisés

« Quand quelqu’un dans le besoin frappe à notre porte, je ne sais pas dire non ». C’est un fait : Mireille Bréchet, Présidente de la Banque Alimentaire du Limousin, fonctionne à l’affectif. Et le revendique. Médecin de profession, d’abord engagée aux côtés de l’association Saint-Vincent-de-Paul, c’est en allant chercher des produits pour les migrants qu’elle accompagne, qu’elle fait la connaissance des équipes de la Banque Alimentaire. Après deux ans de contacts réguliers, et à l’insistance du président de l’époque, elle rejoint les bénévoles en 2006.

« Je me suis surtout impliquée dans l’équilibre nutritionnel des colis qu’on préparait, afin de limiter les apports en sel et en sucre. J’ai remis les fruits et les légumes au premier plan, et j’ai même supprimé les bonbons des palettes ce qui n’a pas manqué de faire parler à l’époque. Petit à petit, on a réussi à changer les comportements ». Passée administratrice puis vice-présidente, Mireille Bréchet est élue Présidente en 2016 et est désormais engagée à plein temps au sein de la Banque Alimentaire. 

Si elle alterne entre gestion, administratif et ressources humaines, pas question pour elle d’abandonner le terrain. «  J’ai besoin de ce contact avec les bénéficiaires, je continue à suivre des familles de migrants à titre personnel ». Et surtout, elle continue de faire le lien entre son ancien métier et ses nouvelles responsabilités. Son bon relationnel avec l’ARS ou la CPAM («  nous parlons le même langage ») lui permet d’obtenir plus de financements et de lancer des projets qui lui tiennent à cœur comme ce camion solidaire qui depuis quelques mois va à la rencontre des personnes démunies et de celles très isolées géographiquement ou socialement. Une manière pour elle de « réparer une injustice. Il n’y a pas de raison que ceux qui ne peuvent pas se déplacer soient exclus de l’aide alimentaire, surtout à une époque où de plus en plus de médicaments et de traitements sont déremboursés ».

 

 

 

 

 

 

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