Transformer pour mieux redistribuer

12.06.2017
Transformer pour mieux redistribuer
Dans leur volonté d’aller toujours plus loin dans la lutte contre le gaspillage alimentaire, de plus en plus de Banques Alimentaires se lancent dans la transformation de produits frais. Des initiatives qui illustrent la volonté du réseau d’innover et de toujours mieux accompagner ses associations partenaires.

Répondre aux attentes des associations et des bénéficiaires

Si la logistique déployée par les Banques Alimentaires permet de redistribuer aux plus précaires environ 212 millions de repas par an, le réseau cherche en permanence de nouvelles manières d’allonger la durée de vie des produits récupérés. Au centre de la réflexion, les fruits et légumes de saison non-distribuables ainsi que les viandes à date courte font désormais l’objet d’ateliers de transformation dans une dizaine de Banques Alimentaires du territoire. Non seulement les possibilités de transformation sont nombreuses (plats cuisinés, légumes surgelés, purées, soupes, confitures, jus ou pâtes de fruits, coulis, compotes…), mais elles permettent en plus de diversifier les produits distribués aux associations et donc d’améliorer le quotidien des bénéficiaires. 

 

Des partenariats locaux essentiels

De Brest à Saint-Etienne, de Bourges à Carcassonne en passant par Avignon, Gennevilliers, Tours, Grenoble ou Bourg-en-Bresse, les bénévoles font preuve de toujours plus d’imagination pour proposer des recettes nouvelles et des conditionnements adaptés. Ils sont épaulés dans cette logistique spécifique par de nombreux mécènes et des partenaires locaux, comme le Président de la République Emmanuel Macron a pu le découvrir lors de sa visite au lycée agricole de Limoges-Les-Vaseix le 9 juin dernier. Depuis le printemps 2016, les jeunes du lycée professionnel pilotent en effet le CIBIAL, un atelier agro-alimentaire de transformation qui propose des soupes, des confitures et des plats cuisinés réalisés à partir des produits collectés par la Banque Alimentaire de la Haute-Vienne, et redistribués ensuite gratuitement aux associations et CCAS partenaires. 

 

 

L’innovation, vecteur de lien social et d’insertion

Ces multiples expérimentations sont l’occasion d’enrichir l’expertise collective. Le réseau des Banques Alimentaires a d’ailleurs récemment réaffirmé sa volonté de soutenir ces  projets innovants qui permettent d’intégrer des jeunes en formation ou d’embaucher des chefs cuisiniers ou des apprentis. Certains vont même plus loin dans la création de lien social, à l’image de l’atelier « Pain perdu », en partenariat avec la Banque Alimentaire du Morbihan, qui propose à des personnes en situation de handicap mental (avec le soutien de l’UDAPEI*) de transformer le pain collecté en alimentation animale. En permettant l’intégration par le travail d’une dizaine de travailleurs handicapés, cette initiative prouve qu’il est toujours possible de repousser les limites en matière de lutte contre le gaspillage et l’exclusion. 

 

(* UDAPEI : Union Départementale d’associations de parents et amis de personnes handicapées mentales)

FFBA - share